Publié le , mis à jour le par Michaël Galy
Un centre de Soins Médicaux et de Réadaptation n’est ni un club de fitness ni un cabinet libéral. C’est un établissement sanitaire autorisé par l’ARS, doté d’un plateau technique médicalisé, financé dans le cadre hospitalier et soumis à des exigences documentaires propres. Équiper ce type de structure suppose de tenir simultanément trois cahiers des charges : la conformité du matériel fitness professionnel, les exigences médicales — traçabilité, désinfection, ergonomie thérapeutique, accessibilité — et la contrainte d’un usage intensif sur longue durée. Cet article synthétise l’approche que nous préconisons aux directeurs d’établissement, cadres de santé et médecins MPR porteurs de projet.
L’essentiel en bref
Depuis le 1er juin 2023, l’activité autrefois dénommée SSR s’appelle SMR — Soins Médicaux et de Réadaptation. La réforme des autorisations a redéfini les mentions et, point directement utile ici, renforce explicitement la place de l’activité physique adaptée dans la prise en charge. C’est le cadre dans lequel s’inscrit désormais tout projet de plateau technique.
Sur le matériel, la norme applicable est la NF EN ISO 20957-1. Sa classe S couvre l’usage professionnel et commercial ; sa classe I désigne l’usage professionnel inclusif, prévu pour des personnes à besoins spécifiques — et les centres de réadaptation figurent nommément dans le domaine d’application des classes S et I. La classe H est domestique et n’a rien à faire dans un plateau technique.
Quatre exigences structurent le choix : charges de départ très basses, vitesses minimales très basses, surfaces réellement désinfectables, et console restituant des données exploitables dans le dossier patient.
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SSR, SMR, MPR : remettre les termes à jour
Point de vocabulaire à corriger. On lit encore partout « centre SSR ». La réforme des autorisations, portée par les décrets n°2022-24 et n°2022-25 du 11 janvier 2022 et entrée en vigueur le 1er juin 2023, a remplacé l’activité de « soins de suite et de réadaptation » par celle de « soins médicaux et de réadaptation » (SMR). Employer le terme actuel dans un CCTP ou un dossier d’autorisation n’est pas cosmétique : c’est ce qui montre à l’ARS et au directeur d’établissement que l’interlocuteur connaît le cadre en vigueur.
Les trois termes ne recouvrent pas la même réalité :
- SMR — l’activité de soins autorisée, et par extension l’établissement ou le service qui la porte.
- MPR — la spécialité médicale exercée par les médecins de médecine physique et de réadaptation.
- SSR — l’ancienne dénomination administrative, encore massivement employée dans le langage courant et dans les bases documentaires antérieures à 2023.
Ce que la réforme a changé et qui concerne l’équipement
- Passage d’un découpage historique en neuf spécialités à un système de mentions spécialisées enrichi, complété par une mention « polyvalent » et par deux modalités, pédiatrie et cancers. Le plateau doit désormais être cohérent avec la ou les mentions détenues.
- Retour à des intitulés calqués sur les disciplines médicales — gériatrie, pneumologie, pédiatrie — plus lisibles pour construire un programme d’équipement.
- Reconnaissance des plateaux techniques spécialisés et des activités d’expertise comme éléments distinctifs de l’offre.
- Renforcement de la place de l’activité physique adaptée et de la psychologie dans l’organisation des soins. C’est le point le plus directement opérationnel pour un projet d’équipement : l’APA n’est plus un complément, elle est attendue dans le dispositif.
Pourquoi le matériel y est spécifique : quatre dimensions
Dimension 1 — Le profil des utilisateurs
Les patients d’un SMR ne sont pas des pratiquants en bonne santé. Ils sont en phase de récupération post-opératoire (prothèse totale de hanche ou de genou, chirurgie rachidienne), post-AVC, post-cancer, post-cardiopathie, ou porteurs de polypathologies liées à l’âge. Le matériel doit être accessible à des capacités très réduites : charges démarrant autour de 0,5 à 2,5 kg, vitesses minimales très basses sur les tapis, transfert possible depuis un fauteuil roulant, dispositif d’arrêt d’urgence visible et atteignable, appuis et sangles de sécurité.
Dimension 2 — L’intensité d’usage et la durée de vie
Un ergomètre de plateau SMR est sollicité une grande partie de la journée, six jours sur sept, par un flux important de patients différents. C’est l’un des usages les plus soutenus du marché, comparable à celui d’une salle institutionnelle ou d’une caserne — sujet que nous traitons dans notre cahier des charges pour unité militaire.
Deux conséquences pratiques. D’une part, seuls des équipements de classe professionnelle tiennent dans ce contexte : un matériel domestique y est détruit en quelques mois. D’autre part, la durabilité réelle ne se lit pas dans la classe d’usage de la norme — voir la mise au point ci-dessous — mais dans des critères vérifiables au CCTP : épaisseur d’acier, type de roulements, cycles d’endurance testés, durée de garantie pièces, engagement de disponibilité des pièces détachées.
Mise au point sur la classe I de la norme NF EN ISO 20957-1. Une confusion très répandue, y compris dans la documentation commerciale du secteur, présente la classe I comme un niveau « institutionnel / intensif » supérieur à la classe S en robustesse. Ce n’est pas ce que dit la norme. Celle-ci définit des classes d’usage : la classe S vise l’usage professionnel et commercial, la classe H l’usage domestique, et la classe I l’usage professionnel prévu pour un usage inclusif par des personnes à besoins spécifiques. Le domaine d’application cite explicitement les centres de réadaptation parmi les environnements des classes S et I. Par ailleurs, « SP » ou « semi-professionnel » n’est pas une classe d’usage de cette norme mais une catégorie commerciale. Les classes A, B et C, souvent confondues avec les précédentes, sont des classes de précision applicables aux appareils qui affichent des données d’entraînement.
Conséquence pour un plateau SMR : la classe I n’est pas un argument de longévité, c’est un argument d’accessibilité — et c’est précisément ce qui la rend pertinente ici. Spécifiez la classe S comme socle, et la classe I sur les postes destinés aux patients à besoins spécifiques. Justifiez la durabilité séparément, sur des critères mécaniques et contractuels.
Dimension 3 — La traçabilité et le reporting
Les séances de rééducation sont des actes de soin. Elles sont documentées dans le dossier patient informatisé et s’inscrivent dans un suivi pluridisciplinaire associant kinésithérapeute, ergothérapeute, enseignant en APA et médecin MPR. Un matériel doté d’une console restituant nativement la puissance en watts, la fréquence cardiaque, la durée, la charge et le nombre de répétitions facilite ce reporting ; un matériel purement analogique impose une ressaisie manuelle chronophage et source d’erreurs. Vérifiez au CCTP la nature exacte des données affichées et, le cas échéant, les possibilités d’export.
Dimension 4 — La désinfection et l’hygiène hospitalière
Le matériel doit supporter une désinfection fréquente avec des produits virucides et bactéricides, selon les protocoles définis par l’équipe opérationnelle d’hygiène de l’établissement, en lien avec le CLIN et les recommandations du centre d’appui régional pour la prévention des infections associées aux soins.
Précision terminologique. Le sigle HPCI, fréquemment repris dans la documentation francophone, désigne un dispositif suisse. En France, les interlocuteurs à nommer dans un cahier des charges sont l’EOH (équipe opérationnelle d’hygiène), le CLIN et le CPias.
Les critères matière qui en découlent :
- Surfaces lisses, sans recoin ni gorge piégeant les souillures ;
- Selleries à revêtement imperméable thermosoudé, sans couture apparente ni piqûre traversante ;
- Châssis à peinture époxy cuite ou inox, résistants aux produits de désinfection employés ;
- Absence de tissu apparent et de bois traité non protégé, critères éliminatoires en contexte médicalisé ;
- Poignées en matériau non poreux plutôt qu’en mousse de caoutchouc.
Exigez du fournisseur les fiches de compatibilité chimique des matériaux avec les familles de désinfectants utilisées dans l’établissement : c’est le document que réclamera l’EOH, et son absence bloque une validation.
La matrice matériel par mention et par pathologie dominante
Selon la ou les mentions détenues par l’établissement, le plateau technique s’articule différemment. Voici les équipements prioritaires par domaine de prise en charge.
| Domaine de prise en charge | Objectifs de rééducation | Matériel prioritaire |
|---|---|---|
| Appareil locomoteur post-PTH, post-PTG, rachis |
Récupération d’amplitude, renforcement progressif, proprioception, reprise de la marche | Vélo semi-allongé, ergomètre à bras, plan de Bobath, machines guidées à charges fines, plateaux instables, miroirs quadrillés, barres parallèles |
| Système nerveux post-AVC, SEP, Parkinson, traumatisme crânien |
Reprogrammation motrice, équilibre, coordination, endurance adaptée | Tapis à vitesse très basse avec harnais, vélo semi-allongé à dossier, plateformes d’équilibre, tatami, exercices en double tâche |
| Cardio-vasculaire post-infarctus, insuffisance cardiaque, pontage |
Réadaptation cardiaque en phases II et III, endurance sous surveillance télémétrique | Vélos semi-allongés avec suivi de la fréquence cardiaque, tapis à inclinaison douce, rameurs à résistance magnétique, ergomètres calibrés en watts |
| Respiratoire BPCO, suites de COVID, mucoviscidose |
Réentraînement à l’effort, capacité fonctionnelle, gestion de la dyspnée | Ergomètres calibrés, vélo à dossier, renforcement global léger, tapis à basse vitesse ; mesure des échanges gazeux si le service en est doté |
| Cancers modalité oncologie et onco-hématologie |
Reconditionnement progressif, lutte contre la fatigue, préservation de la masse musculaire | Vélo semi-allongé, machines guidées à charges très fines, tapis à basse vitesse, travail fonctionnel léger |
| Gériatrie et polypathologies | Prévention des chutes, maintien de l’autonomie, équilibre, force des membres inférieurs | Vélo assis à enjambement bas, plateaux instables, tatami sécurisé, barres d’appui, parcours d’agilité au sol |
Les vélos semi-allongés reviennent dans presque tous les domaines : c’est l’ergomètre le plus polyvalent et le plus accessible en contexte médicalisé. Pour les patients à mobilité très réduite, le vélo assis à enjambement bas facilite le transfert. À compléter par deux à trois machines à charges guidées avec sélection fine, un espace tatami sécurisé pour le travail au sol et l’équilibre, et des espaliers — l’un des équipements les plus utilisés et les moins coûteux d’un plateau.
Deux compléments souvent sous-exploités en France : les machines Pilates, dont le reformer permet un travail en décharge partielle avec résistance par ressorts calibrés, exactement la zone qui manque entre l’élastique et la machine à charges ; et, pour les établissements disposant d’un bassin, l’aquabike professionnel et la gamme équipements aqua.
L’équipement spécialisé, au-delà du fitness professionnel
Le plateau d’un centre MPR intègre du matériel spécifiquement médical qui sort du champ fitness. Il est utile au directeur d’établissement de comprendre comment ces gammes s’articulent.
- Dynamomètres isocinétiques — mesure et renforcement à vitesse angulaire constante, référence en évaluation MPR. Ordre de grandeur de plusieurs dizaines de milliers d’euros par poste. Achat via marchés hospitaliers spécialisés.
- Plateformes de stimulation vibratoire thérapeutique — stimulation neuromusculaire, prévention de la sarcopénie.
- Rééducation robotisée et exosquelettes — technologies en développement, budgets très supérieurs au reste du plateau.
- Balnéothérapie — bassin chauffé, profondeur adaptable, tapis de marche immergé, accessoires de résistance aquatique.
- Plateau fitness médicalisé — cardio adapté, musculation guidée, travail fonctionnel. C’est la couche sur laquelle Light In Fitness intervient, en complément du matériel médical, pour la part « réentraînement à l’effort » et « activité physique adaptée » de la prise en charge.
Ces équipements relevant du Règlement (UE) 2017/745 sur les dispositifs médicaux sont soumis à une évaluation et à un marquage CE spécifiques. Le matériel fitness professionnel, lui, relève de la NF EN ISO 20957 : confondre les deux régimes bloque inutilement des dossiers d’achat, dans un sens comme dans l’autre.
Répartition budgétaire entre enveloppe spécialisée et plateau fitness médicalisé : elle varie fortement selon la mention détenue et le niveau de plateau technique visé. — nous la modélisons lors de l’audit.
La procédure d’achat en établissement sanitaire
Établissements publics
Achats régis par le Code de la commande publique. Recours fréquent à l’UGAP pour les équipements standards. Pour les équipements spécialisés ou les projets d’équipement complet, marché à procédure adaptée ou appel d’offres formalisé selon les seuils. Notre méthodologie de réponse — livrables BPU, DPGF et CCTP, références anonymisées, interlocuteur dédié — est détaillée sur la page marchés publics équipement sportif.
Établissements privés à but non lucratif
Procédures internes structurées avec appels d’offres privés, souvent mutualisées au sein de groupements de coopération sanitaire ou de centrales d’achat hospitalières, afin d’optimiser le pouvoir de négociation.
Cliniques privées à but lucratif
Liberté procédurale plus grande. La décision est généralement portée par le directeur d’établissement avec avis du médecin MPR et du cadre kinésithérapeute, en négociation directe avec les fournisseurs, sur des délais plus courts.
Clause à ne pas oublier au CCTP. Exigez un engagement de disponibilité des pièces détachées sur une durée déterminée après livraison, ainsi que les fiches de compatibilité chimique des matériaux. Sur un plateau sollicité toute la journée, l’immobilisation d’un poste se traduit directement en séances non réalisées.
Plateau type d’un centre SMR généraliste de 150 à 300 m²
| Zone | Équipement recommandé | Budget indicatif HT |
|---|---|---|
| Cardio médicalisé | 4 à 6 vélos semi-allongés avec suivi de fréquence cardiaque, 2 tapis à basse vitesse, 2 ergomètres à bras, 2 rameurs magnétiques | 30 000 à 45 000 € |
| Musculation guidée | 6 à 10 machines à charges empilées avec sélection fine — presse, tirage, pectoraux, épaules, lombaires, abdominaux | 25 000 à 40 000 € |
| Travail fonctionnel | Bancs réglables, haltères de 0,5 à 10 kg, élastiques multi-résistances, kettlebells légers, plateformes d’équilibre | 5 000 à 8 000 € |
| Zone tatami et gymnastique | 20 à 30 m² de tatami, miroirs muraux, barres parallèles, espaliers, matériel de proprioception | 3 500 à 6 000 € |
| Sol du plateau | Revêtement souple antidérapant compatible désinfection, traité par zone selon l’usage | 6 000 à 12 000 € |
| Total plateau fitness médicalisé | 70 000 à 110 000 € HT | |
Fourchettes indicatives hors livraison, hors installation et hors travaux. Ce budget ne couvre que le plateau fitness médicalisé : le matériel spécialisé — isocinétique, balnéothérapie, robotique — relève d’enveloppes complémentaires nettement supérieures.
Sur le sol, la logique est la même qu’en cabinet : revêtement facilement désinfectable en zone de soins, dalle caoutchouc sur la zone de renforcement, et sous-couche acoustique en étage. Vue d’ensemble : sols sportifs professionnels.
« Un centre SMR n’achète pas du matériel de fitness : il achète un plateau technique médical qui intègre du matériel fitness. La distinction change tout. Le fournisseur qui arrive avec sa plaquette club commercial rate le brief. Celui qui comprend la prescription MPR, la traçabilité, les contraintes de l’équipe d’hygiène, l’accessibilité et les procédures d’achat public parle le bon langage. » — Michaël Galy, fondateur et directeur de Light In Fitness
Ce qu’on retient pour équiper un centre SMR ou MPR
Les six décisions structurantes d’un plateau SMR
- Classe S comme socle, classe I sur les postes inclusifs. La classe I de la norme EN ISO 20957-1 vise l’usage par des personnes à besoins spécifiques : c’est un critère d’accessibilité, pas un label de robustesse. La durabilité se justifie séparément, sur des critères mécaniques et contractuels.
- Charges démarrant très bas. Un patient post-chirurgical ou en rééducation neurologique ne mobilise pas 10 kg. Vérifiez le premier cran réel et la disponibilité d’adaptateurs de charge.
- Console restituant des données exploitables. Watts, fréquence cardiaque, durée, charge : lisibles et si possible exportables vers le dossier patient, plutôt que ressaisis à la main.
- Surfaces désinfectables sans recoin. Revêtement thermosoudé sans couture, châssis époxy cuite ou inox, pas de tissu apparent. Fiches de compatibilité chimique à fournir à l’EOH.
- Complémentarité avec le matériel spécialisé. Le plateau fitness ne duplique pas l’isocinétique ni la balnéothérapie : il couvre le réentraînement à l’effort et l’activité physique adaptée, dont la réforme SMR renforce la place.
- Procédure d’achat maîtrisée. UGAP pour les gammes standards, procédure adaptée ou appel d’offres pour les projets complets, avec BPU, DPGF et CCTP fournis. Un fournisseur qui ne maîtrise pas ces livrables fait perdre du temps à l’établissement.
Questions fréquentes — équipement d’un centre SMR / MPR
Quelle différence entre SSR, SMR et MPR ?
SMR, pour Soins Médicaux et de Réadaptation, est la dénomination de l’activité de soins autorisée depuis le 1er juin 2023 : elle remplace l’appellation SSR, Soins de Suite et de Réadaptation, issue des décrets de 2008. MPR, pour Médecine Physique et de Réadaptation, désigne quant à elle la spécialité médicale exercée par les médecins qui y interviennent. Un établissement autorisé en SMR à forte composante MPR dispose généralement d’un plateau technique très équipé.
Que signifie la classe I de la norme NF EN ISO 20957-1 ?
Contrairement à une idée très répandue, la classe I ne désigne pas un niveau de robustesse institutionnel supérieur à la classe S. La norme définit des classes d’usage : la classe S vise l’usage professionnel et commercial, la classe H l’usage domestique, et la classe I l’usage professionnel prévu pour un usage inclusif par des personnes à besoins spécifiques. Les centres de réadaptation figurent explicitement dans le domaine d’application des classes S et I. Les classes A, B et C sont des classes de précision applicables aux appareils affichant des données d’entraînement, et la mention semi-professionnelle relève du vocabulaire commercial, pas de la norme.
Comment justifier la durabilité d’un équipement dans un CCTP hospitalier ?
Pas par la classe d’usage, qui ne mesure pas la longévité, mais par des critères vérifiables : épaisseur des aciers de structure, type et durée de vie des roulements, résultats d’essais d’endurance, durée de garantie sur les pièces et sur la main-d’œuvre, et engagement contractuel de disponibilité des pièces détachées après livraison. Sur un plateau sollicité toute la journée, cette dernière clause est la plus protectrice pour l’établissement.
Le matériel fitness professionnel est-il compatible avec les protocoles de désinfection hospitalière ?
Oui pour les gammes professionnelles conçues à cet effet : selleries à revêtement imperméable thermosoudé sans couture apparente, châssis à peinture époxy cuite ou inox, surfaces lisses sans recoin, poignées en matériau non poreux. Demandez au fournisseur les fiches de compatibilité chimique des matériaux avec les familles de désinfectants employées, document que réclamera l’équipe opérationnelle d’hygiène de l’établissement.
Quelles procédures d’achat s’appliquent selon le statut de l’établissement ?
En établissement public, le Code de la commande publique s’applique, avec un recours fréquent à l’UGAP pour les gammes standards et une procédure adaptée ou un appel d’offres formalisé selon les seuils pour les projets complets. En établissement privé à but non lucratif, les procédures internes sont souvent mutualisées au sein de groupements de coopération sanitaire ou de centrales d’achat. En clinique privée à but lucratif, la décision est portée par la direction avec avis du médecin MPR et du cadre de santé, en négociation directe.
La réforme SMR change-t-elle quelque chose pour l’activité physique adaptée ?
Oui, et c’est l’un de ses apports les plus concrets pour un projet d’équipement : la réforme des autorisations renforce explicitement la place de l’activité physique adaptée et de la psychologie dans l’organisation des soins. L’APA n’est plus un complément facultatif mais un élément attendu du dispositif, ce qui justifie de dimensionner le plateau fitness médicalisé en conséquence plutôt que de le traiter comme une variable d’ajustement budgétaire.
Quel équipement prioriser avec un budget contraint ?
Dans cet ordre : les vélos semi-allongés, qui sont l’ergomètre le plus polyvalent et le plus accessible et servent dans presque tous les domaines de prise en charge ; deux à trois machines à charges guidées avec sélection fine pour le renforcement progressif ; un espace tatami sécurisé pour le travail au sol, l’équilibre et la proprioception ; des espaliers, très utilisés et peu coûteux ; puis les charges libres légères et les accessoires de proprioception. Le tapis à basse vitesse et l’ergomètre à bras viennent ensuite selon les mentions détenues.
Les équipements de rééducation sont-ils des dispositifs médicaux ?
Certains le sont, d’autres non. Les dynamomètres isocinétiques, les tables électriques, les tapis à décharge partielle du poids corporel et les appareils de mobilisation passive relèvent du Règlement (UE) 2017/745 sur les dispositifs médicaux, avec évaluation et marquage CE spécifiques. Le matériel de renforcement et de cardio issu du marché fitness professionnel relève, lui, de la norme NF EN ISO 20957. Confondre les deux régimes bloque inutilement des dossiers d’achat, dans un sens comme dans l’autre.
Projet d’équipement en centre SMR, MPR ou centre de rééducation fonctionnelle ?
Audit des besoins par mention, sélection du matériel selon les classes d’usage pertinentes, compatibilité avec vos protocoles de désinfection, livrables BPU, DPGF et CCTP — Light In Fitness intervient auprès des établissements de santé publics et privés.
Demander un devis SMR / MPR 06 20 72 66 96À propos de l’auteur — Michaël Galy dirige Light In Fitness depuis Tours (37) et a équipé plus de 500 établissements professionnels, dont des structures médicalisées : cabinets de kinésithérapie, EHPAD, centres de rééducation.
Sources et références — Décrets n°2022-24 et n°2022-25 du 11 janvier 2022 relatifs aux conditions d’implantation et aux conditions techniques de fonctionnement de l’activité de soins médicaux et de réadaptation, entrés en vigueur le 1er juin 2023. Instruction DGOS relative à la mise en œuvre de la réforme des autorisations SMR. ISO 20957-1:2024 — Stationary training equipment, Part 1 (classes d’usage S, H, I et classes de précision A, B, C). Règlement (UE) 2017/745 relatif aux dispositifs médicaux. FHP — les SSR deviennent des Soins Médicaux et de Réadaptation. SYFMER — la réforme des autorisations : des SSR aux SMR. Code de la commande publique.
Avertissement — cet article est une vue d’ensemble à vocation informative sur le choix d’équipement. Il ne constitue ni un conseil médical, ni un conseil juridique. Les protocoles de rééducation relèvent de la prescription médicale et de la décision des professionnels de santé ; les conditions d’autorisation et d’hygiène doivent être validées avec l’ARS, le médecin MPR référent, le cadre de santé et l’équipe opérationnelle d’hygiène de l’établissement.
Pour aller plus loin — Cartographie des normes fitness européennes · Marchés publics équipement sportif · Équipement sportif pour EHPAD et établissements · Équiper une unité militaire · Guide SAV, pièces et garanties


